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La fête à Bernard

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Aujourd'hui, 10 mai, j'ai pensé à Dimey, pour la raison que vous devinez, l'homophonie, dix mai, Dimey... Ensuite, à la victoire de la gauche en 1981, précisément un 10 mai, victoire que l'on appela un temps la victoire du 10 mai ... Et avec un peu d'amertume, au grand truqueur que fût Mitterrand. À sa proximité avec la Collaboration, entre autres avec Maurice Papon, qui fût ministre de l'Education, ou était-ce encore de l'Enseignement ? Vérifiez, moi j'ai mieux à faire, vous raconter un peu qui était Dimey.  À la réflexion ça n'a pas d'importance, et je ne me souviens de ce détail que parce que j'étais au collège quand il était ministre et qu'on défilait en manifs en criant des slogans du genre " 25, 25, 25 élèves par classe !" et aussi "Papon, on veut des ronds, du PQ et du savon, des cahiers et des crayons !" Celui-ci était de moi et il était repris en chœur par mes condisciples, ce qui me rendait très fière. Mais ...

Jusqu'au bout !

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Il y a une scène inoubliable, pour qui a vu ce film des Monty Python's, réalisé il y a plus d'un demi-siècle, Sacré Graal , une parodie déjantée des romans de chevalerie : on y voit le roi Arthur aux prises avec un mystérieux chevalier, qui combat avec un casque noir lui couvrant tout le visage. Elle m'est revenue en mémoire en pensant au jusqu'au-boutisme des mollahs. À leur fanatisme aveugle. Déjà, à l'issue de ce que l'on a appelé La   guerre des douze jours , le régime iranien proclamait qu'il était sorti grand vainqueur. L'ennemi lui avait bousillé ses usines de missiles et ses belles centrales, dézingué ses scientifiques spécialistes du nucléaire et flingué tout son système de défense anti-aérien. Il avait bombardé les QG de ses Gardiens de la Révolution. Mais qu'importe, les mollahs avaient quand même gagné. Israël, pardon, l'entité sioniste, avait perdu. Et à présent qu'après plus d'un mois de guerre, leur pays est ravagé, au bor...

Les étonnantes prophéties de Theodor Herzl

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Quel étonnement, en lisant les premières lignes de Altneuland ! C'est un roman ! Moi qui pensais, avec ce nom sur la couverture, lire un ouvrage de philosophie politique, quelle émouvante surprise de constater que c'est avec le talent d'un véritable romancier que Theodor Herzl, pionnier et théoricien du sionisme, infatigable défenseur du peuple juif, raconte l'histoire de son héros, Frédéric, et parallèlement, celle du pays d'Israël ! Un jeune homme esseulé, amoureux éconduit, un petit garçon qui grelotte dans la neige dans des souliers percés, un message mystérieux dans un journal : le livre commence comme un roman de Victor Hugo ou d'Eugène Sue. On devine que l'auteur a lu Dumas, et son Comte de Monte-Cristo. L'action commence dans un grand café de Vienne, et nous entraîne, 50 pages plus tard, à Haïfa. Haïfa,1923 : c'est le titre du 2ème livre. En fait, il est question, au début de l'histoire, et à la fin du premier livre, d'un court séj...

11 mars, une date maudite.

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Trois massacres effroyables, un tsunami et une catastrophe nucléaire...  Et un 11 mars, à chaque fois.  Y a t-il des jours maudits ? Il y a en tout cas des dates qu'on ne peut oublier : un 11 mars, il y a 22 ans aujourd'hui, un terrible attentat jihadiste, en Espagne, tôt le matin, à une heure d'affluence, faisait 191 morts, et plus de deux mille blessés. On a appelé cet attentat "attentats de Madrid". C'était en 2004. Il y a aujourd'hui 22 ans. Dix bombes avaient explosé presque simultanément, dans plusieurs gares et dans un train, causant un carnage inimaginable et des scènes d'apocalypse.  Second massacre : sept ans plus tard, toujours un 11 mars, en 2011, deux animaux enragés à forme humaine venus d'un village arabe se sont introduits à Itamar, une petite implantation de Samarie toute proche. Ils avaient des machettes et des couteaux à cran d'arrêt.  Et soif de sang juif.  Lorsqu'ils ont franchi la clôture, le signal d'alarme s'...

Arrivederci, Caspi !

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Arrivederci, Caspi ! Ciao, caro mio... Il avait déménagé en Italie pendant le Covid. Cette fois, il est parti pour de bon et définitivement : il est mort ce matin, le pauvre chéri. Adio, Mati, adio, amor ! J'ai appris la nouvelle cet après-midi, en regardant la télé chez des amis, tout à coup un titre, une date, Mati Caspi, 1949-2026... J'ai fixé l'écran, interdite, incrédule... Ils m'ont recueillie dans leurs bras, sanglotante et meurtrie. Mati Caspi c'est mon chanteur préféré, un musicien génial et inspiré, j'ai passé des heures à l'écouter et à force, ses chansons, je les connais toutes... Enfin, presque : il y en a un bon paquet, à la télé ils disent un millier, même... Ici, il ressemble franchement à Michel Berger, non ? Il jouait de tous les instruments, harmonica, piano, guitare, basse... Je l'ai même vu jouer de la batterie. Il jouait, il composait, faisait des arrangements, dirigeait... Et surtout, il chantait, avec cette voix si particulière, à...

L'IA peut-elle nous faire chanter ?

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Les intelligences artificielles sont partout, médecine, transports, surveillance et maintenance, agriculture, floriculture... Traitements contre le cancer, circulation automobile plus fluide, optimisation de la gestion des stocks, permettant de diminuer les invendus et le gaspillage, arrosage sur mesure, amélioration de la résistance des roses pendant le transport... Les IA sont top ! Mais voilà : partout où elles peuvent remplacer les humains, elles obtiennent les postes : plus économiques, plus rentables (1) elles menacent maintenant des centaines de milliers d'emplois. Peut-être déjà beaucoup plus. (2) Soyons clairs : on ne va pas faire le procès de l'IA et décider qu'on retourne en arrière. C'est comme ça, c'est le progrès, et le progrès ça veut dire qu'il n'y a pas de retour en arrière possible. L'homme en proie au progrès est semblable à quelqu'un qui serait monté sur un tigre. La seule chose que l'on peut lui dire est "vous n'auri...

La magicienne en kimono du parc René Le Gall

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Lorsque je l'ai aperçue pour la première fois, elle semblait flotter très légèrement au dessus du sol, se déplaçant si souplement dans l'herbe dans son kimono noir qu'on ne voyait pas bouger ses petits pieds, chaussés de ballerines, noires elles aussi, et subitement elle était là, avec sa natte d'un brun luisant et son sourire démesuré qui découvrait deux rangées de dents étincelantes. Un sourire aveuglant qui vous allait droit au coeur. Arrivée à côté de vous, elle vous chuchotait un conseil, "plus ample !" ou posait simplement sa main sur votre dos ou votre nuque, pour vous aider à corriger la position. C'est sa voix que j'ai entendue tout d'abord. Une voix mélodieuse, bien posée, qui parlait d'un os, le calcaneum, l'os le plus solide du corps. La phrase exacte, je m'en souviens exactement, et des années plus tard, je l'entends encore : dans le silence du parc où nous étions une bonne soixantaine d'élèves à l'écouter relig...