11 mars, une date maudite.

Trois massacres effroyables, un tsunami et une catastrophe nucléaire...  Et un 11 mars, à chaque fois. 

Y a t-il des jours maudits ?

Il y a en tout cas des dates qu'on ne peut oublier : un 11 mars, il y a 22 ans aujourd'hui, un terrible attentat jihadiste, en Espagne, tôt le matin, à une heure d'affluence, faisait 191 morts, et plus de deux mille blessés. On a appelé cet attentat "attentats de Madrid". C'était en 2004. Il y a aujourd'hui 22 ans.

Dix bombes avaient explosé presque simultanément, dans plusieurs gares et dans un train, causant un carnage inimaginable et des scènes d'apocalypse. 

Second massacre : sept ans plus tard, toujours un 11 mars, en 2011, deux animaux enragés à forme humaine venus d'un village arabe se sont introduits à Itamar, une petite implantation de Samarie toute proche. Ils avaient des machettes et des couteaux à cran d'arrêt. 

Et soif de sang juif. 

Lorsqu'ils ont franchi la clôture, le signal d'alarme s'est déclenché, avertissant d'une intrusion. Mais les gens ont cru qu'il s'agissait d'animaux. Ça arrivait souvent qu'un rongeur ou même un chat déclenche le signal : personne n'a donné l'alerte.

C'était un soir de Shabbat.

Les Fogel venaient de se mettre au lit, après un copieux repas de fête... Les deux assassins, deux cousins, ont surgi dans la maison et ont massacré Ruti, 35 ans, et Oudi, 36 ans. Leurs enfants Elad et Yoav, âgés respectivement de 4 et 11 ans. Et n'ont pas épargné la petite Hadas, 3 mois, dans son berceau. Les journaux français ont écrit que parmi les victimes il y avait "un bébé colon".

Une formulation qui en dit long sur le degré de dégénérescence des journalistes français, déjà à cette époque, il y a 15 ans. Du moins, ceux de l'Immonde et de l'Hibernation. Et de l'Inanité. Et ceux des chaînes de télé qui avaient trouvé bon de répéter cette expression effarante. Bébé colon. Ba voyons.

Quand Tamar, 12 ans, est revenue de chez les Bné Akiva, vers minuit, elle n'a pas compris pourquoi la porte d'entrée était fermée. Ses parents avaient laissé ouvert pour elle quand elle était sortie... 

Elle a réussi à entrer avec l'aide d'un voisin. Hélas, pauvre gosse, rien ne l'avait préparée à ce qu'elle allait voir. Elle a trouvé ses parents baignant dans leur sang, et ses deux petits frères, (que les assassins n'avaient pas vus, ils dormaient, pendant le carnage) qui essayaient, en sanglotant, de les réveiller. Ses deux autres petits frères assassinés dans leur chambre, gisant sur la moquette. Sa petite sœur Hadas égorgée dans son landau.

Des milliers d'Israéliens, choqués, sont allés à l'enterrement de la famille massacrée.

C'est le rav Ben Ishay et sa femme,Tali, qui ont recueillis et élevé, à Jérusalem, leurs trois petits-enfants rescapés.

Les années ont passé. Déjà 15 ans depuis cette nuit d'horreur.

Il paraît que Tamar Fogel s'est mariée. Elle avait 12 ans à l'époque, elle en a aujourd'hui 27. Ses deux frères ont respectivement 17 et 23 ans.

Ce 11 mars 2011 était un jour doublement maudit : la catastrophe de Fukushima, au Japon, eût lieu le même jour. (2) 

Tout commença par un terrible tremblement de terre, un des pires jamais enregistrés dans l'histoire du Japon, et 600 000 habitants piégés par le séisme. Cinquante et une minutes plus tard, un tsunami dévastateur causé par le tremblement de terre, qui  dévasta des centaines de ports et de villages et noya près de 20 000 personnes.

Les vagues monstrueuses (plus de 30 mètres de hauteur) déclenchèrent un accident dans une centrale nucléaire située sur la côte orientale du Japon, côté Pacifique sud : plusieurs réacteurs, perturbés par l'inondation, qui se mirent à dysfonctionner, causant une terrible catastrophe environnementale dont les effets se ressentent jusqu'à aujourd'hui.

Enfin, c'est également un 11 mars qu'en 1978, onze terroristes du Fatah venus du Liban sont arrivés en Israël à bord de zodiacs. Ils étaient 13 au départ, recrutés pour cette opération qui avait pour but de prendre en otage les clients d'un hôtel de luxe, près de la plage de Tel Aviv. Mais la mer est mauvaise et deux tombent à l'eau et se noient.

Les onze restants abordent sur une plage du sud de Haïfa et tuent en arrivant une photographe américaine, spécialisée dans la faune et la flore biblique,  Gail Rubin, âgée de 39 ans. Abattent les quatre passagers d'un taxi, puis tirent sur un bus, prennent en otages ses passagers et bloquent un deuxième bus, qui relie Haĩfa à Tel Aviv par la ligne 901.

Ce 11 mars 1978 a lieu le massacre le plus terrible de l'histoire d'Israël, horriblement supplanté, 45 ans plus tard, par celui du 7 octobre 2023.

Car après avoir forcé les passagers du premier bus à monter dans le second pour les prendre également en otages, les terroristes arabes foncent sur Tel Aviv, la police israélienne les arrête en jetant des clous qui crèvent les pneus du bus, et donne l'assaut pour libérer les otages. 

Mais l'histoire se finit très mal. Les terroristes jettent alors des grenades et commencent à abattre les passagers, pour les empêcher de descendre du bus, la police intervient et réussit à éliminer neuf des onze terroristes. Mais le bus prend feu et explose. Le bilan est terrible, 35 morts, dont 13 enfants et bébés, et 71 blessés.

C'est cet effroyable carnage, connu en Israël comme le Massacre de la route côtière, qui décida trois jours plus tard les autorités à lancer l'Opération Litani. (Photo) Objectif : obliger les terroristes à repasser le Litani et détruire les bases terroristes de l'OLP dont est truffé le Liban. A cette époque, le QG de l'OLP est à Beyrouth.

Le Litani est un fleuve du Liban dont le cours est à peu près parallèle à la frontière nord d'Israël, à environ 30 kms.

Aujourd"hui, 11 mars 2026, les terroristes infestent toujours le Liban. Mais il ne s'agit plus seulement de l'OLP : le Hezbollah, parti d'Allah, est installé à Beyrouth depuis 1982 et fait partie intégrante de la vie politique libanaise, ses membres sont riches et influents et le gouvernement libanais semble dépassé depuis longtemps.

Ce matin, la radio annonce que l'Iran et le Hezbollah ont lancé une opération conjointe contre Israël. En France, la plupart des commentateurs rappellent (2) que plusieurs guerres ont déjà eu lieu entre Israël et le Liban, évoquent les événements de 2006, et situent le début du conflit à l'été 82, alors qu'il remonte, comme on vient de le lire, au moins au 11 mars 1978, et à l'opération Litani menée trois jours plus tard, le 14 mars 1978. Non pour exercer des représailles, mais pour sécuriser le nord du pays.

D'ailleurs, il faut rappeler qu'avant ce terrible jour du 11 mars 1978, cela faisait des années que des incursions terroristes depuis le Liban avaient lieu, et que des habitants de Galilée et de Haute-Galilée subissaient le terrorisme.

L'entrée en guerre du Hezbollah, il y a 10 jours, fournit à Israël l'occasion d'en finir une bonne fois avec cette milice chiite iranienne créée avec l'aide des Gardiens de la Révolution. Si les USA n'imposent pas un nouveau cessez-le-feu à son "allié", bien entendu.


              Catherine Stora 


Notes :

(1) Sur l'accident nucléaire de Fukushima

(2) Israël face au Hezbollah, 40 ans de conflit, France-Info





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