La magicienne en kimono du parc René Le Gall
Lorsque je l'ai aperçue pour la première fois, elle semblait flotter très légèrement au dessus du sol, se déplaçant si souplement dans l'herbe dans son kimono noir qu'on ne voyait pas bouger ses petits pieds, chaussés de ballerines, noires elles aussi, et subitement elle était là, avec sa natte d'un brun luisant et son sourire démesuré qui découvrait deux rangées de dents étincelantes. Un sourire aveuglant qui vous allait droit au coeur. Arrivée à côté de vous, elle vous chuchotait un conseil, "plus ample !" ou posait simplement sa main sur votre dos ou votre nuque, pour vous aider à corriger la position. C'est sa voix que j'ai entendue tout d'abord. Une voix mélodieuse, bien posée, qui parlait d'un os, le calcaneum, l'os le plus solide du corps. La phrase exacte, je m'en souviens exactement, et des années plus tard, je l'entends encore : dans le silence du parc où nous étions une bonne soixantaine d'élèves à l'écouter relig...